Inauguration
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Inauguration de la plaque "Guillaume Fouace" au C.E.S. de Saint-Vaast-la-Hougue, le Mercredi 7 décembre 1988

AVANT PROPOS
Au cours de diverses réunions, nous nous sommes interrogés sur l’appellation de notre C.E.S. Un souhait a été exprimé "donner la préférence à une célébrité locale". Divers noms ont été avancés, dont celui de Guillaume Fouace.

Pour présenter cette candidature au syndicat intercommunal et au conseil d’administration du collège, j’ai recherché une documentation sur cet artiste. ?

Ce que je vous propose est évidemment, inspiré de diverses sources, d’opinions exprimées ; l’analyse de son œuvre empruntée à des gens plus qualifiés que moi.

J’ai trouvé des renseignements à BEAUBOURG, consulté l’excellent ouvrage de M. Jean LEJEUNE, écouté les anecdotes de M. le Sénateur TRAVERT, maire de Réville, Mme JORE née Gabrielle FOUACE (sa petite nièce), dont unanimement nous regrettons la disparition, elle, qui aurait été si heureuse d’être avec nous aujourd’hui. Mme JORE m’a confié le catalogue national des Beaux-Arts et la notice écrite à cette occasion par M. LARROUNET, membre de l’institut et Directeur honoraire de cette école.

A tous j’exprime mes remerciements.

Je sollicite également, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, votre indulgence pour le résumé sommaire et sans doute incomplet que je vais vous présenter.

Qui était Guillaume Romain Fouace

Il est né le 22 Mai 1837 à Réville de Pierre FOUACE et de Marie LEONARD, cultivateurs à Jonville.

Il a passé son enfance dans l’atmosphère d’une petite exploitation et de la pêche côtière (un pêcheur habitant dans un bâtiment contigu à la ferme).

Entré à 7 ans à l’école primaire, ses loisirs, il les emploie d’instinct à dessiner, reproduire sur le papier et dans la glaise qui l’entoure.

Ce petit paysan avait reçu de la nature l’œil et la main du peintre, encouragé par le libraire, M. HENRY, conservateur du musée de Cherbourg, il bénéficie d’une bourse de la ville(séance du Conseil municipal du 13 mai 1867) et part étudier à PARIS avec la bénédiction de sa mère, qui devenue veuve , avait pourtant bien besoin de lui à la ferme, et qui d’autre part avait peur que son garçon "ne perdit son âme dans le milieu d’artistes" mais qui bien que, peu instruite était intelligente et d’esprit ouvert.

A Paris, sous la direction du Maître YVON, il fait son apprentissage, avide d’apprendre, il suit en plus les cours de l’école de dessin qui allait devenir l’école des arts décoratifs.

Imprégné par son enfance dans les champs, la ferme, au bord de la mer, inspiré par la nature pleine de contrastes de notre région, il commence par peindre ce qu’il avait sous les yeux, les chaumières, les ustensiles de travail, de labour, les produits de la pêche, de la chasse. Il avait un goût très vif pour les marines, les scènes de village, les types paysans.

Normand de race et d’instinct, il aimait le naturel, les couleurs franches.

Après un nouveau séjour à Cherbourg, il bénéficie d’une seconde bourse et rejoint Paris. Il est admis au salon en 1870 avec deux œuvres, le portrait de M. Domange et de M. Thomas Henry. C’est là qu’il rencontre son ainé de 27 ans Jean François Millet qui, était membre du jury. Le salon commençait à le faire connaître mais, la guerre avec l’Allemagne l’oblige à partir pour l’armée où, il fit bravement son devoir. Admis de nouveau au salon en 1872, avec le portrait de Villeneuve, sa carrière se précise, le succès de ses premiers envois détermine le genre qu’il devait pratiquer "les natures mortes" où ce peintre réaliste a donné la mesure de son talent.

Mais il était trop peintre pour n’aimer qu’une partie de son art. Ses compositions comme le Baptême à Réville, son étude de falaise "Les Gorges de Plémont à Jersey", son nu de femme intitulé coquetterie sont d’autant plus regretter que classer dès ses débuts, comme peintre de natures mortes, on écartait systématiquement ce solitaire dès qu’il présentait autre chose que des fruits, des fleurs, des produits de la pêche ou de la chasse. N’a t’on pas refusé une de ses œuvres, les plus puissantes, le "Baptême à Réville en prenant comme prétexte que l’enfant qui assistait au baptême, jouait avec un fouet, ce qui paraissait déplacé dans une église.

Portraitiste de grande qualité, peintre de l’intimité intérieure, sa palette reproduit la tonalité des intérieurs rustiques, la carnation des visages, le relief de la composition…

Son œuvre est considérable, nombreux sont les musées qui exposent ses toiles : Cherbourg, Le Louvre, Le Petit Palais, le musée Boymans à Rotterdam, la ville de Paris…, à côté de nombreuses collections particulières.

Membre de la Société des artistes en 1688, médaille d’or en 1891, avec Déjeuner de chasse, le musée du Luxembourg lui achète "Le Jour Gras", exposé à Bourges, la ville de Paris acquiert "Le coup double" exposé dans le hall de la marie du 1er arrondissement.

Je ne citerai pas toutes ses oeuvres allant de la décortion de l’église de Montfarville (travail qui lui a pris 3 années) en passant par les tableaux inspirés par sa passion de pêcheur, et de chasseur. Les portraits de ses bienfaiteurs et des célébrités régionales.

Nous aurions certainement beaucoup plus d’œuvres de Guillaume Fouace dans la région : le testament de sa veuve répartissant ses biens d’une façon équitable entre sa famille et celle de son mari, malheureusement ayant oublié de le signer, il fut déclaré nul.

Guillaume Fouace fut également un sculpteur de talent. Il a donné sa mesure en réalisant l’admirable gisant de marbre représentant sa fille Béatrice décédée à 15 ans (ce gisant étant maintenant à l’abri des intempéries dans l’église de Réville).

Chez Guillaume Fouace l’homme valait l’artiste. Physiquement c’était un géant de 1.90m, la barbe rousse. Il se cognait paraît-il continuellement, la tête de son atelier mansardé de Paris.

Il aimait les plaisirs simples, la pêche, la chasse (des amis prétendaient qu’il valait 2 chiens). Il était dit on redoutable imitateur de petits des autres (ce genre d’humour bien normand d’ailleurs) apparaît dans la reproduction du visage de ses contemporains, en particulier à l’église de Montfarville.

Fils dévoué, ayant le sens du devoir, ayant rencontré l’amour dans un foyer uni jusqu’à la mort. Homme simple, sans ambition ou plus exactement refusant d’intriguer, fidèle à ses amitiés, courageux et modeste (il avait sauvé dans des conditions périlleuses, un pêcheur de Réville, de la noyade).

Cet artiste qui s’est fait lui-même, cet homme qui était la droiture, la probité, ce fils de paysan révillais, qui allait recevoir la légion d’honneur lorsqu’à 58 ans en Janvier 1895, la mort l’emportait après une brève maladie, peut-il a son tour servir de modèle ?

Ses vertus paysannes et morales, son amour du terroir, son œuvre et sa renommée ; tout cela est-il suffisant pour que son nom soit attaché au collège de nos enfants ?

Cette question a reçu dans les formes légales, un accord unanime des instances concernées et, la manifestation de ce soir en est l’expression.

P.-S.

Ce discours a été exposé par M. JOLY Jean, vice-président du syndicat Intercommunal de gestion et délégué du Préfet au Conseil d’Administration du collège puis maire de CRASVILLE.

Il a été donné à M. Jacques LEFEVRE en 1990, qui nous l’a gentiment remis le 13 mars 2010.

M-à-J : mercredi 10 septembre 2014

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